À propos

BRDCST 2019

 

BRDCST a positivement horreur des algorithmes musicaux et mise donc résolument sur une musique sans frontières, dans plusieurs sens du terme. Le festival se délecte de psychédélisme turc, noise (abstraite), musique classique contemporaine, hip-hop, black metal, afrofuturisme, electronica, poésie sonore, (avant-) jazz, musiques arabes, dub, American primitive guitar, (post-) punk, piano préparé, grime, et même de flamenco. On parie que vous ne trouverez cette richesse musicale dans aucune playlist automatique ?

L’affiche de BRDCST brasse délibérément les genres et accorde une attention toute particulière aux artistes qui ont cette volonté de « décloisonnement » dans le sang. Un exemple ? L’un des grands noms du New Wave Of Jazz, le saxophoniste Shabaka Hutchings : tout en rendant hommage au patrimoine du jazz, il s’essaie aux grooves de synthés électro avec The Comet is Coming et figure même sur « Black Noise 2084 » du beatmaster italien Khalab. Shabaka loue à son tour Alabaster dePlume, qui marie sans peine jazz et poésie. Et que dites-vous de Bliss Signal, qui fait fusionner black metal, electronica et grime ? Ou encore de K Á R Y Y N, applaudie par Björk, qui inscrit ses racines syriennes dans son electronica crépitante ?

BRDCST accueille aussi des musiciens de pays comme l’Égypte, la Turquie, la Syrie, l’Israël et l’Espagne ; des artistes moins présents aux festivals réguliers parce qu’ils sortent du modèle anglo-saxon. Or, à une époque où les politiques appellent de plus en plus à fermer les frontières nationales, ce sont précisément ces artistes qui arrivent encore à nous surprendre. Pensez à l’Israélien Yonatan Gat, qui a fui son pays d’origine où son groupe de garage rock Monotonix fut interdit de jouer. Désormais basé à New York, il y compose des œuvres alliant punk, psychédélisme, free jazz et avant-garde. Une richesse musicale propre aux citoyens du monde.

BRDCST cherche en outre à faire voler en éclats les préjugés musicaux. Des préjugés dont nous nous rendons également coupables, mais que nous aimerions de tout cœur ébranler. C’est pourquoi nous avons invité l’Égyptienne Nadah El Shazly à endosser le rôle de curatrice le temps d’une soirée. Résultat : une plongée surprenante dans la musique arabe contemporaine, le jazz, la musique noise, le hip-hop, le psychédélisme et l’electronica expérimentale.

Enfin, BRDCST dépasse plus que jamais les frontières de la Maison AB pour prendre sous son aile d’autres sites en centre-ville, agrandissant ainsi sans cesse le port franc musical.

BRDCST vous souhaite la bienvenue dans cette société utopique. On parie qu’il y fait bon vivre ?

Kurt Overbergh
Directeur artistique (AB)